En continuant notre petit aperçu des cafés les plus rares et les plus exotiques, nous nous sommes penchés sur le cas des
îles Tonga. Le café des îles Tonga, officiellement «
Royal Tonga Coffee » est en effet un café dont la récolte et la diffusion sont très limités, destinés au commerce local.
Les îles Tonga sont un archipel de plus de 170 îles dispersées au Nord-Est de la Nouvelle-Zélande, à l'Est des Fidji. La plupart des grandes îles sont habitées. Tonga est officiellement divisée en 5 groupes d'îles : Tongatapu, 'Eua, Ha'apai, Vava'u, Niua. La capitale, Nuku'alofa se situe sur l'île de Tongatapu.
Tonga, qui signifie « Sud », n'est pas le seul nom qu'a reçu cet archipel, renommé « Friendly Islands » par le Capitaine Cook en 1773, tellement l'accueil de ses habitants était chaleureux.
Au 19e siècle, le Royaume de Tonga imposa à tous ses propriétaires terriens de cultiver au minimum 500 plants de coton et 50 plants de café.
Jusqu'à aujourd'hui, certaines de ces petites plantations de café ont survécu et continuent à produire quotidiennement les grains de ce café rare.
Il faut cependant souligner que le coton et le café n'ont jamais été cultivé sur une base commerciale.
En 1970, la Nouvelle-Zélande et la France ont commencé à soutenir les producteurs de café en situation très difficile. A la fin des années 1990, plus de 20 000 arbres produisaient environ 1500 kilos de café destinés à un usage local. La production maximale peut atteindre les 2500 kg par récoltes. Le café des îles Tonga est ainsi très rare, ce qui lui donne énormément de valeur pour les touristes de passage qui ont la chance de goûter ce breuvage méconnu. Parmi les quelques plantations de café que possède l'île, les plantations royales sont les plus importantes.
Le Roi, qui est parfaitement conscient de cette spécificité, amène d'ailleurs des paquets de « Royal Tongan Coffee » à chaque voyage officiel qu'il entreprend, destinés aux autres chefs d'Etat.
Le café des îles Tonga est un 100% pur arabica des variétés Typica, Caturra et Catimor. Concernant la variété Caturra : il s'agit d'une mutation du café Bourbon découverte au Brésil : de très bonne qualité, elle a également donné naissance à une nouvelle mutation à l'origine de la variété Catimor (bien plus résistante).
L'altitude à laquelle le café est produit est d'environ 400 mètres au dessus du niveau de la mère. Tout comme pour le café Hawaïen, la basse altitude est compensée par la situation géographique, très au sud, des îles Tonga. En effet, très proche du Tropique du Capricone, l'altitude de production du café équivaut à 900 mètres voire 1000 mètres dans les régions proches de l'Equateur.
Les plants de cafés sont cultivés à l'ombre d'arbres fruitiers, notamment des bananiers. La période de récolte est de juin à août. Les grains du Café Royal Tongien sont ensuite séchés au soleil.
A cause de cette situation géographique, ce café a un arôme très distinctif, avec une acidité très douce. De même, les cafés produits à proximité de la mer développent des caractéristiques uniques puisque l'humidité et les minéraux charriés par l'air marin contribuent énormément au goût et à l'arôme de ces cafés.
Pour les plus chanceux d'entre vous, n'hésitez donc pas à goûter ce café d'exception réservé aux Tongiens et aux chefs d'état!
Vous voici devenus de véritables coffee adict, connaissant sur le bout des doigts les meilleures variétés de café à votre goût, et pouvant même distinguer les plus subtiles différences qui existent entre les différentes variations du « breuvage noir ».
Mais la plupart du temps, ces labels de qualité, cultivés pour un marché de connaisseurs, sont fermés aux cultures beaucoup plus locales et peu développées, qui néanmoins peuvent cacher quelques joyaux en terme de dégustation.
Nous allons vous parler, tout au long de cet article, de quelques variétés d'Arabica cultivées dans de petites îles, que vous ne trouverez pas chez votre fournisseur. La culture limitée de ces variétés dans des espaces très restreints ne permet pas une véritable commercialisation à grande échelle et la main d'oeuvre pour ce type d'exploitation est peu nombreuse.
Néanmoins, de nombreuses petites îles tropicales, exposées à des vents maritimes favorables compensant parfois le manque de dénivelé, bénéficient d'un environnement favorable à la culture de grands crus.
La taille des productions peut varier : pour les plus petites 100 kilogrammes par récoltes, certaines années la production étant même nulle (Tahiti, Sao Tome, les Iles Canaries, la Nouvelle Calédonie (dont l'espèce Laurina, faible en caféine, serait servie à l'Elysée selon certaines rumeurs).
Les plus grandes productions correspondent à des exploitations de taille moyenne telles qu'on peut en trouver au Cap Vert ou sur l'île St Hélène (n'en déplaise au fantôme de Napoléon), ainsi que sur les îles Tonga.
Les îles Canaries
Comme tous les férus de géographie (et les moins passionés) le savent, les Iles Canaries sont une des provinces d'Espagne située sur la côte Nord-Ouest de l'Afrique. Ces îles bénéficient de nombreuses ressources naturelles et de plages paradisiaques.
L'exploitation du café a été introduite dans ces îles par le roi Carlos III en 1788, via un décret permettant l'introduction du premier plan de café. Aujourd'hui, le café est produit en très petites quantités dans la vallée de Agaete. La culture est destinée à la consommation des exploitants, pour satisfaire au besoin des ménages de la vallée. La consommation directe du café produit sur place remonte à de nombreuses générations. La vallée d'Agaete se situe dans la partie Nord-Ouest de la plus grande des îles, Grande Canarie. Les plants de café y côtoient des exploitations fruitières (oranges, mangues, papayes). La récolte du café se fait entre juin et octobre. La vallée d'Agaete bénéficie de températures douces et stables tout au long de l'année.
Le café y est produit à environ 100 mètres au dessus du niveau de la mer. C'est la culture de café située la plus au Nord du monde, car très proche du Tropique du Cancer. Enfin, les producteurs affirment qu'il s'agit là du seul café « Européen ».
Le café produit est 100% Typica, renommé pour donner de grands crus. Il est produit à l'ombre des arbres fruitiers. Le processus de récolte du café est fait selon la méthode naturelle : la cerise est séchée au soleil sans enlever la pulpe, ce qui lui donne ce goût très fruité.
Lorsque l'on goûte ce café très rare et exotique, vous faites l'expérience de l'ensemble de l'environnement dans lequel il a été produit. Les parfaites conditions climatiques de la vallée d'Agaete, la qualité parfaite de cette variété de Typica, la culture à l'ombre des arbres fruitiers... La combinaison de tous ces facteurs produit un café unique en son genre, avec une acidité assez subtile, un corps délicat et des tons de fruit.
Dans un prochain article, nous continuerons notre approche de ces cafés des îles, rares et pourtant savoureux, en explorant la culture du café dans les îles Tonga.
On les appelle Peaberry en anglais, Caracollilo en espagnol, chicco perla en Italie, moca au Brésil. Si vous n’en avez jamais entendu parler, pas de panique, c’est normal ! Ces grains sont rares car issus d’une mutation génétique. Les chercheurs ont du mal à expliquer le processus de mutation mais ont remarqué que ces grains se trouvaient le plus souvent à l’extrémité des jeunes branches. Quelques théories supputent que cela se produit en réponse à des vents intenses, des pluies torrentielles ou les processus mécaniques d’agriculture qui endommagent la fleur et réduisent son développement potentiel.
A l’intérieur d’une cerise, on trouve habituellement deux grains, qui n’en font qu’un finalement, puisqu’ils sont collés l’un à l’autre. Cependant dans 5% des cas, et ce partout dans le monde, il n’y a qu’un grain au sein du fruit.
Ils sont généralement plus doux et portent plus de saveurs que leurs homologues génétiquement normaux. Beaucoup croient qu’ils se torréfient également plus facilement, et de façon plus uniforme du fait de leur rondeur (ils roulent plus facilement dans la machine à torréfaction). Vous pouvez constater ci-dessous la différence entre le peaberry à gauche et le grain habituel à droite.
Lors du tri, il faut les repérer et les sélectionner à la main, ce qui explique que les producteurs organisent souvent des ventes spéciales, à un prix élevé, de ces grains si rares. Un café uniquement produit avec des peaberries serait-il pour autant meilleur ?
Les mythes répandus par les producteurs auraient tendance à faire croire que oui, qu’une tasse vous séduira dès la première gorgée…mais beaucoup de doutes subsistent. Assurément une tasse faite avec des peaberries a un goût différent, des différences subtiles mais cela ne suffit pas pour affirmer que leur qualité serait toujours indiscutablement supérieure. N’hésitez pas à nous laisser votre propre avis sur ces cafés, si vous avez déjà eu l’occasion d’en goûter !