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Vous connaissez l'appellation d'origine contrôlée? A ce cadre normatif franco-suisse qui protège les produits régionaux, se superpose l'appellation d'origine protégée, label européen qui existe depuis 1992.

Si ce label permet de protéger les appellations des produits de région, il est devenu intéressant pour les producteurs de café : après avoir accordé aux producteurs l'appellation de « Café de Colombie » à leurs produits, le café Bourbon Pointu de la Réunion pourrait lui aussi devenir une AOP.

Le Bourbon pointu a été introduit à la fin du 18e siècle en France grâce à la production réunionnaise. Il fut obtenu à l'époque par la mutation d'un caféier arabe. La production du Café du Roy avait cependant décliné dès la fin du 19e siècle pour finalement cesser d'être exportée en 1942.


Grâce aux recherches du centre de recherche agronomique français de la Cirad, et après 5 ans d'expérimentations, la variété est à nouveau produite et commercialisée depuis 2007. La première vente, faite aux enchères au Japon, a vu s'arracher à prix d'or cette variété. (En effet, rappelez vous que le partenariat privilégié avec le marché Japonais a permis de relancer des variétés de café).


Le travail de la Cirad a alors consisté à retrouver les meilleurs plants de cette variété (Coffea arabica var. Laurina) dans les jardins créoles, et de les croiser sans relâche pour obtenir la qualité du café produit aujourd'hui.

Son nom provient de l'ancien nom de la Réunion, l'île Bourbon, nommée ainsi en l'honneur des rois de France. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs cafés du monde. En effet, la SCAJ (Specialty Coffee Association of Japan) lui a même décerné le label de Premium coffee, décerné aux produits typiques de grande qualité considérés sans défauts.

Seulement voilà, la variété « Bourbon pointu » est aussi produite en Nouvelle-Calédonie et en Guadeloupe, et ce depuis le début du siècle.

Alors pourquoi le choix de l'appellation d'origine protégée? Selon le site de la Direction Générale de l'Agriculture de la Commission Européenne, une AOP est « la dénomination d'un produit dont la production, la transformation et l'élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté. » Cette reconnaissance donne la primauté aux producteurs locaux pour exploiter un nom ; il s'agit en fait de la même reconnaissance que l'appellation d'origine contrôlée mais au niveau européen.

Après que l'association Café Réunion ait fait appel à l'Institut national des appellations d'origine (avec l'appui de la CIRAD), des experts ont été envoyé pour une étude jusque fin mars. Leur travail consiste à rencontrer les producteurs, déguster le produit, travailler sur les conditions d'obtention du label...

 


Il faut en effet savoir que le temps d'obtention du label « appellation d'origine protégée » peut aller jusqu'à plusieurs années. Mais les gains sont conséquents : meilleure notoriété, reconnaissance du savoir-faire.

Alors quid des autres productions « Bourbon pointu » de Guadeloupe et de Nouvelle-Calédonie (pourtant importées dans ces régions depuis 100 ans)? Il faudra attendre quelques années et la décision de l'INAO pour connaître l'avenir de ces produits.

Que d’évènements. Il a suffi de trois mois à peine pour changer la face du monde. Révolutions, tremblements de terre, guerres, il n’est pas assez des trente minutes de journal télévisé du soir pour nous informer des bouleversements qui secouent notre planète.  Perturbés par l’actualité brûlante, peut-être avez-vous moins porté votre attention sur quelque chose qui nous concerne pourtant tous. L’envolée des matières premières est pourtant bel et bien là hélas. Le pétrole, bien sûr, dopé par la guerre libyenne et l’insécurité des régimes arabes. Le café également est touché de plein fouet et il suffit de ce simple graphique pour rendre compte d’une réalité saisissante : le café devient un produit de luxe !

 

De janvier à février, les prix ont bondi de près de 10%, une hausse jamais enregistrée depuis 1977….et en comparant au même mois l’année précédente, une augmentation de 75% ! L’envolée des cours ne s’est pas limitée, comme parfois, à une seule catégorie mais a touché les quatre groupes de façon indistincte, empêchant les entreprises de parer à cela en misant sur d’autres sortes de café. Ce sont les entreprises ayant tout misé sur les Arabicas qui perdent le plus en ce moment, l’augmentation du prix de ces derniers atteignant des sommets vertigineux, comme on peut le voir sur le graphique ci après.
 

On peut s’attendre à une hausse de 10 à 20% du prix du café, pour plusieurs raisons. L’augmentation du pétrole va automatiquement provoquer des coûts de production et de transport plus élevés. A cela s’ajoute la spéculation, dont le rôle a été explicité dans un article antérieur mais également la météo : les très mauvaises conditions climatiques au Brésil et en Colombie, grands producteurs d’arabica, présagent d’une diminution de qualité. La production asiatique et océanienne n’a pas été épargnée, on l’a vu lors des inondations catastrophiques dans le Queensland, où la baisse de production prévue  est de 3,2%. Pourtant la production estimée pour l’année 2010-2011 est de 133 millions de sacs de café, soit une variation positive de 8,5% par rapport à l’année antérieure.  La production africaine est en hausse partout et les prévisions apparaissent bonnes pour les régions d’Amérique du Sud et centrale.


La consommation suit aussi une pente ascendante, puisque depuis 2000 la moyenne de croissance par année s’est établie autour de 2,3%. L’équilibre reste fragile donc une offre précaire et une demande persistante, ce qui fait pencher la balance en faveur des industriels et distributeurs. Le rapport de l’ICO indique en outre que puisque les rendements sont si attractifs, les exportations vont poursuivre sur leur lancée dynamique mais il est à craindre que les stocks ne se renouvellent pas à la hauteur de ces exigences.  

Au fil des articles qui se sont étayés le long de ce blog, il m’est vite apparu que pas un seul ne traitait d’un chaînon crucial de la chaîne du café, qui sans lui ne pourrait tout simplement se poursuivre. Situé au début de la chaîne, il est indispensable à la production caféière et pourtant bien peu d’articles lui sont consacrés. Main mécaniquement répétant le même mouvement, dos courbé encore et toujours, ployé sous le poids d’un panier de cerises approximant les 60 kilos, c’est le cueilleur qu’on évoque ici.
Si je vous dis soleil, football, plages, carnaval... Vous me dites? Brésil! Oui exact, voilà exactement le sujet de l'article d'aujourd'hui. Malheureusement nous n'allons pas disserter sur la mode du string de plage en été ou sur les récentes élections brésiliennes, mais une fois n'est pas coutume nous parlerons de café.
A quoi reconnait-on un connaisseur du café, un nez, un buveur inconditionnel, un « coffee addict »? Certes il s'agit de quelqu'un qui se traîne de café en bistrots pour goûter toutes sortes de breuvages noirs, de kawas. Mais avant tout, c'est quelqu'un qui dispose de l'outillage approprié pour se préparer sa propre boisson « maison ». Or, une machine expresso ça s'entretient : vous ne pourrez pas déguster un excellent café sans prendre soin de votre appareillage acheté, parfois, à grand prix.