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Après vous avoir présenté le moulin Hario Skerton de la marque japonaise Hario dans notre précédent article, l’équipe Mon-café vous présente le dripper V60 pour faire un excellent, si ce n’est le meilleur café filtre.
Inventé par l'Allemande Melitta Bentz en 1908, le filtre papier permet d’obtenir un savoureux café simplement et facilement sans résidu de café. A l'époque, on versait manuellement de l'eau chaude dans le filtre rempli de café moulu. Ce geste a progressivement disparu avec l’apparition des cafetières électriques. Si ces dernières sont pratiques, elles ont considérablement diminué la qualité d'extraction, la faute à un débit et une température d'infusion pas toujours maîtrisés.
Le dripper V60 est un porte filtre en porcelaine permettant de faire son café par filtration. De par sa conception, il redonne ces lettres de noblesses au café filtre. Grâce à ses rayures internes en forme de spirale et son large trou unique au fond du cône, le café peut se développer de manière homogène, avec une extraction dense et riche.
Le fond percé de large diamètre permet d’exploiter les merveilleux filtres coniques Hario VCF. A l’opposé du fond plat d’un filtre traditionnel, l’extrémité des VCF permet de concentrer les arômes et de distiller le breuvage au sommet du cône.
L'intérêt d'associer la Buono Kettle aux Dripper est de pouvoir contrôler le débit d'infusion grâce à la finesse du bec verseur en col de cygne. Cela permet d’obtenir une infusion homogène et améliore la qualité d’extraction.
Maintenant que les présentations sont faites, passons à la partie manipulation. Pour commencer, mettez à chauffer 240 ml d’eau dans votre bouilloir. Posez ensuite le papier filtre sur le dripper V60. Pour le poser correctement, repliez la couture du filtre. Rincez ensuite le filtre avec un peu d’eau chaude pour chauffer le porte filtre et éliminer l’éventuel goût de papier. Versez votre café, fraîchement moulu de préférence, sur le filtre papier. On commence par une préinfusion. Versez l’eau chaude jusqu’à recouvrir le café moulu. Attendre ensuite 30 secondes, le temps que le café moulu soit complètement inhibé, puis versez progressivement du centre vers l’extérieur en effectuant des cercles concentriques. Faites attention toutefois à ce que l’eau ne monte pas trop, car elle risquerait de passer au-dessus de la mouture sans l'infuser. La durée totale de l'extraction doit se situer aux alentours des deux minutes.
Rien de tel qu'une vidéo pour illustrer les propos ci-dessus :
Concernant la quantité de café, il est recommandé de préparer 12g de café pour une tasse de 120ml. Le degré de mouture recommandé est fin, celui utilisé pour le café filtre. Vous pouvez jouer sur ce degré de mouture pour obtenir le café qui vous plaira le plus. L’idéal pour vos tests est de moudre le café avec ce moulin Hario que Mon-Café a testé pour vous dans cet article.
Vous retrouverez l'ensemble de ces produits pour faire votre café filtre sur le site Mon-Café.fr. N'hésitez pas à laisser des commentaires de vos essais sur cette page ou sur notre mur Facebook.
Autrefois reconnu par sa qualité, le café bonifieur de Guadeloupe est aujourd’hui cultivé que par quelques exploitations. Ce café connaît toutefois un regain d’intérêt depuis quelques années avec le développement de l’écotourisme en Guadeloupe. La variété est appelée Bonifieur, qui vient du verbe français « bonifier », de par sa qualité et son goût unique. Il était utilisé à l’époque pour rehausser le goût d’autres variétés de cafés, pour les bonifier. Considéré par certains comme le meilleur café au monde, le bonifieur de Guadeloupe est un café unique. Mais avant de le déguster, il mérite que l’on s’intéresse à son origine et à sa culture.
Introduit par Gabriel de Clieu, capitaine d’infanterie sur l’île aux Belles – Eaux, au XVIIIème siècle, l’Arabica Bourbon Pointu a rapidement connu un vif succès et les plantations caféières se sont répandues sur l’île, au détriment de celles de cacao. C’est cette variété de café qui est à l’origine du fameux café Jamaïcain Blue Mountain. Ce dernier a été importé de la Martinique vers la Jamaïque par Sir Nichola Lawes, ce qui explique pourquoi il y a tant de similitudes entre ces deux cafés. A noter d’ailleurs que le Bonifieur de Guadeloupe est le seul café, autre que Blue Mountain jamaïcain, à être exportés en fûts.
Mais début 1900, suite à des maladies dévastatrices et au développement d’une concurrence accrue en provenance d’Afrique et d’Amérique Latine, l’Arabica Bourbon a peu à peu laissé sa place aux cultures de canne à sucre et de banane. De près de 1900 tonnes produites en 1920,
la production de la région est passée à seulement une vingtaine de tonnes
. La production locale tente de se relancer depuis quelques années par le biais de coopératives regroupant quelques petits producteurs. L'objectif est de faire revivre la culture du café en Guadeloupe. Mais il y a encore beaucoup de travail : les agriculteurs et les acteurs territoriaux doivent mettre en place une labellisation géographique, des dispositifs de coordination, partager le savoir-faire,… Ces actions, menées conjointement, pourraient valoriser la production du café Bonifieur et ainsi rebooster l’économie locale.
Pourquoi ce café est-il si rare, si cher, si recherché ?
La première raison est que la récolte de ce café n’est que de 25 tonnes par an. A titre de comparaison, cette récolte ne représente que 0,03% de la production de café au Cameroun, 22ème pays producteur de café.
La deuxième cause provient du travail de la récolte, long et fastidieux. Tout le travail est fait à la main, aussi bien l’étape de la cueillette que celle du dépulpage (séparation de la peau et de la chair du fruit des grains de café). De plus, la méthode de séchage utilisée dite « humide » est plus longue que la méthode « sèche » traditionnelle.
La troisième raison est que sur 100 kilos de fruits récoltés, il ne reste que 20 kilos de cafés après nettoyage! Et sur ces 20 kilos une fois torréfiés il ne reste plus que ... 17 kilos ! Les producteurs amortissent donc ces pertes sur le prix final du produit.
Le café bonifieur sélectionné provient de l’Habitation de la Grivelière, un site d’exception chargé d’histoire. Après avoir connu différents propriétaires, c’est en 1843 qu’elle devint la Grivelière avec Auguste Périollat. Classée « Monument Historique » en 1987 pour son unicité et la qualité de conservation de ses bâtiments, elle est acquise par le Conseil régional de Guadeloupe un an plus tard. L’Habitation de la Grivelière fait depuis l’objet d’un programme de restauration des bâtiments. Mais que l’on s’y méprenne pas, l’« habitation » n’est pas une maison mais le nom donné aux exploitations agricoles du début de la colonisation ; le propriétaire s’appelant alors « l’habitant ». La qualité du site de production et du travail manuel permet au café d’être classé 4ème rang mondial.
A la tasse, le café bonifieur de Guadeloupe procure une suavité des plus grandes et des plus rares, évoluant entre la noisette et la réglisse, légèrement corsé, avec peu d’acidité, pour se prolonger très joyeusement au palais.
Un excellent café, riche d’histoire, qui mérite d’être découvert par tous les aficionados de café.






